Uber : la fin des privilèges ?

Par Tony Greaux | Le mercredi 11 octobre 2017

Enfin, parce que Uber fait figure non seulement de grand méchant loup mangeur de taxis, de mauvais payeur vis à vis de ses chauffeurs, et de mauvais payeur vis à vis des caisses de l’état. Sans compter les scandales qui ont fini (entre-autres) par coûter sa place à son PDG fondateur Travis Kalanick. Dans ce contexte, il y a de la place pour des acteurs qui présenteraient une image moins sulfureuse. Ainsi Taxify/Didi ferait presque office de vengeur démasqué et Chauffeur Privé auréolé de son « société française qui paye ses impôts en France » ferait office de héros gaulois.

D’ores et déjà les taxis annoncent qu’ils porteront plainte contre Taxify car l’utilisation du mot « taxi » serait de nature à tromper le client. Ils y trouveront sans doute le soutien de Uber et s’interrogeront sur le paradoxe de Taxi G7 qui s’est rebrandé en G7 histoire de se détacher un peu de l’image de taxi pour mieux embrasser celle plus  en vogue de VTC… La bataille s’annonce donc rude en Ile de France présentée comme l’un des marchés les plus rentables d’Europe.

 

Impacts sur nos business 

Plus de concurrence sur le marché des VTC devrait à court-terme attirer plus de clients et faire grossir un marché toujours plus juteux. Les flottes devraient donc poursuivre cette pente ascendante mais attention aux pots cassés de l’ultra-concurrence à moyen terme, surtout chez les taxis « à l’ancienne ». L’impact sur le business traditionnel de l’automobile devrait quant à lui rester limité même s’il contribue à renforcer à l’adage  » l’usage plutôt que l’achat » en ville. Les centres-villes sont ainsi dès aujourd’hui le coeur de cette bataille féroce que l’on appelle les nouvelles mobilités. Pour autant, devant la récente interdiction d’Uber à Londres et de ses menaces de se retirer du Quebec, on assiste à un retour en force des contraintes juridiques. Gagner les coeurs de ses clients ( comme tenté ici dans cette campagne) pourrait avoir un but beaucoup plus prosaïque pour Uber: survivre.

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Tony Greaux

Tony a une large expérience dans l’univers automobile. Il rejoint le pôle Go Between du groupe Argus en tant que consultant. Il a auparavant géré le pôle Brand & Ad automotive de TNS Sofres, et y a animé les grands comptes du secteur.


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