Screenwise : Navigation pistée sur Google. Intéressés ?

Par Eric Saint-Frison | Le lundi 20 février 2012

Je vous propose cet article du Figaro de la semaine dernière qui évoque l’initiative de Google qui consiste à proposer contre rémunération à des internautes de se faire suivre lors des navigations sur le moteur de recherche.

Le programme baptisé Screenwise a provoqué une vague de réactions plus ou moins indignées sur l’aspect « Big Brother » du projet.

Pour ma part je ne vois pas pourquoi un volontaire rémunéré ne pourrait pas accepter de son libre arbitre la proposition qui lui est faite. Rien ne l’y oblige, donc je ne vois pas ce que l’on pourrait y redire à partir du moment où Google s’engage à ne jamais diffuser les informations individuelles de navigation mais seulement à construire un référentiel global.

Pour être franc, en termes marketing les résultats obtenus seraient potentiellement extraordinaires. Connaître dans le détail les parcours de navigation d’un Internaute en phase d’achat, pouvoir lire ses hésitations, ses alternatives, sur quel rythme, à quel moment du processus le facteur distributeur auto entre-t-il dans son radar Internet seraient des informations d’une très grande valeur. Je vote donc pour Screenwise même si pour le moment ce programme est réservé au marché Nord Américain.

Le géant de l’Internet propose de rémunérer ses utilisateurs en échange d’un accès complet aux sites qu’ils visitent.

Google vient de présenter son programme Screenwise, qui permet de suivre à la trace les internautes en échange d’une rémunération pouvant monter «jusqu’à 25 euros en cartes cadeau».

Tous les utilisateurs américains du navigateur Chrome de plus de 13 ans, disposant déjà d’un compte Google, peuvent s’inscrire à ce programme qui, selon l’entreprise, l’aidera à «améliorer ses produits et services et à créer une meilleure expérience en ligne pour tout le monde». Concrètement, après l’inscription, les utilisateurs devront installer une extension sur leur navigateur. Chaque inscrit recevra alors une carte cadeau Amazon d’une valeur de 5 dollars au moment de l’inscription, puis de 5 dollars supplémentaires tous les trois mois. En échange, Google aura accès, de façon anonyme promet-il, à l’intégralité des sites visités par l’internaute.

Parallèlement à cette extension espionne, Google propose à ses utilisateurs, dans le cadre d’un partenariat avec l’institut Knowledge Networks, d’installer à leur domicile un routeur Cisco permettant d’analyser les données web du foyer et de les communiquer à des tiers. A l’exception des pages sécurisées «https» ou des pages consultées grâce à une navigation «privée», comme le permet le mode Incognito de Chrome, les données ne sont alors pas anonymes. L’installation de ce boîtier, qui prend en compte tous les appareils du foyer qui sont connectés à Internet, rapportera 100 dollars à l’utilisateur au moment de l’inscription, puis 20 dollars tous les mois. Une monétisation pour le moins explicite de la vie privée de internautes.

Interrogé par le site ArsTechnica, un porte-parole de Google a déclaré: «Bien sûr, [le panel] est complètement optionnel. Les personnes peuvent choisir si elles sont interessées (ou attirées par les cadeaux). […] Les participants peuvent rester sur le panel autant de temps qu’ils le souhaitent ou en partir à n’importe quel moment». Il précise également que les membres ont «une transparence et un contrôle complet sur l’usage d’Internet analysé dans le panel».

Ces dernières semaines, Google agite dangereusement le chiffon rouge de la vie privée. En annonçant le changement de ses paramètres de confidentialité, prévu le 1er mars, la firme a provoqué les inquiétudes de plusieurs associations de défense de la vie privée. Mercredi, l’organisation américaine Epic a finalement porté plainte contre la Federal trade commission (FTC), l’organisme fédéral chargé des affaires commerciales. Epic considère que les nouveaux paramètres de confidentialité ne respectent pas un accord passé entre Google et la FTC qui empêchait la société de «combiner les données des utilisateurs sans avoir obtenu leur consentement».


Eric Saint-Frison

Eric a créé l'Agence Digital Dealer rachetée en 2014 par le groupe Argus. Une expérience de 30 ans dans l'Industrie Automobile, ancien Président de Ford France, il se passionne pour le marketing, Internet... sans oublier l'Automobile !


Laisser un commentaire