NADA Conference New York City

Par Eric Saint-Frison | Le lundi 12 avril 2010

Lors de mon récent séjours à New York, j’ai pu assister à la conférence organisée par la NADA (National Automotive Dealer Association) sur le thème de l’avenir de l’industrie automobile américaine et des transformations à prévoir dans ce secteur.

Un agenda serré pour une journée d’interventions de qualité et avec un niveau d’intervenants élevé, dont Mr Sergio Marchionne en tant que président de Chrysler.


Il en est ressortit quelques idées intéressantes qui d’une façon ou d’une autre sont totalement valables sur l’ensemble de la planète auto.
Comme elles étaient nombreuses et méritent pour la plupart d’être détaillées, je les listerai dans ce post et y reviendraient dans le détail dans un avenir proche.

1/ Il n’y a plus de constructeur automobile certain de sa force et de sa position, le monde automobile a définitivement changé.
L’époque des leaders installés pour des décennies dans leurs positions est révolue.
Les « Big 3 » de Detroit n’existent plus, GM et Chrysler sont ruinés et ont été sauvés de la faillite totale par le gouvernement américain (et Fiat pour Chrysler) !
Saab sauvé par Spyker (j’attends le résultat …) et Volvo chez les chinois !
Toyota, le leader de la qualité perçue qui rappelle ses voitures par millions !
L’argent plus rare et donc plus cher et des marques dont la force est en train de se diluer dans l’esprit des clients.
Et la certitude que la crise a agi comme un Tsunami, c’est à dire que l’épicentre du tremblement de terre à l’origine de la crise était très éloigné des côtés touchées par la vague.

2/ Le marché auto repart déjà, mais que ce soit aux USA ou en Europe, il mettra du temps à revenir aux plus hauts. C’est donc les marchés « BRIC » (Brésil, Russie, Inde et Chine) qui tireront l’industrie auto dans l’avenir. Au mieux l’Amérique du Nord et l’Europe retrouveront leurs volumes dans 3 à 5 ans.
Cela a et aura des conséquences lourdes sur la localisation des outils de production, les surcapacités de production se situant principalement en Europe. Il faudra adapter ces outils aux marchés, donc accepter de voir le centre de gravité industriel se déplacer vers celui de la consommation.

3/ Il faut repenser et reconstruire un nouveau modèle marketing qui intègre des outils permettant de s’adresser à différentes générations. Le challenge de demain sera clairement de s’adresser en même temps aux Baby Boomers qui ont connus la croissance longue, aux « X » (ceux qui ont vu apparaître les NTIC) et la génération « Y » qui utilise des moyens de communication et de dialogue nouveaux : Web 2.0 (participatif) et réseaux sociaux.
Tous n’ont pas les mêmes aspirations, les mêmes sensibilités et surtout les mêmes valeurs et ne se comportent pas de la même façon face à l’automobile et à sa consommation. Ils n’accordent pas non plus la même importance aux marques de voiture.

4/ Il n’y a pas de solution « verte » universelle et cela prendra longtemps avant que cela n’arrive.
Entre les solutions hybrides, électriques, biocarburants, hydrogènes et pile à combustible, personne de sérieux ne peut dire ou nous serons dans 20 ans.
Ce qui est certain, c’est que les tactiques déployées par les uns et les autres répondent plus à une stratégie marketing court terme qu’à une vision des déploiements technologiques de l’avenir et que la solution est vraisemblablement encore à inventer …

5/ L’avenir de la distribution automobile est une vraie question de fond. Le système est à repenser intégralement.
Comment peut on imaginer qu’avec les investissements nécessaires de plus en plus lourds, un coût de la distribution en milieu urbain insupportable, l’ambiguïté des doubles réseaux (succursale/distributeur) les niveaux de rentabilité soient aussi faibles ?
Comment peut on expliquer que les états gagnent plus d’argent sur la vente des véhicules que les réseaux de distribution ou même les constructeurs ?
Comment aussi adapter les outils, les équipes, les moyens de ventes et de service à la nouvelle donne du marché ?
Comment utiliser les solutions en ligne au service du marketing de la distribution ?
Comment anticiper les besoins des clients en terme de mobilité et de relations continues (communication mobile) ?

Comme je le disais en préambule je reviendrais de manière régulière sur ces sujets qui méritent tous un traitement particulier.


Eric Saint-Frison

Eric a créé l'Agence Digital Dealer rachetée en 2014 par le groupe Argus. Une expérience de 30 ans dans l'Industrie Automobile, ancien Président de Ford France, il se passionne pour le marketing, Internet... sans oublier l'Automobile !


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