CES (2) : Impression 3D, l’avenir de l’automobile ?

Par Eric Saint-Frison | Le mardi 2 février 2016

L’impression 3D peut-elle représenter l’avenir de l’automobile ?

Après la 1ère partie de notre compte rendu du CES 2016, voici le second volet consacré à un sujet qui va vraisemblablement bouleverser quelques aspects de nos métiers.

Dans les allées du CES à Las Vegas il était impossible d’ignorer la forte présence des sociétés développant des solutions d’impression tri-dimensionnelles. Et leurs applications automobiles.

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois ce sujet dans nos posts (la voiture imprimable (1), la voiture imprimable (2)), mais cette fois-ci les progrès réalisés semblent démontrer que nous pouvons passer de la phase de R&D à celle de l’industrialisation.

1/ La voiture imprimée en 3D s’industrialise.

En 2015 déjà, la société Local Motors, avait imprimé (en partie) une voiture sur son stand au CES. La Strati (c’est son nom) :

local-motors-strati

Belle ? Peut-être pas, mais là n’est pas le sujet, il s’agissait de la 1ère preuve que l’on pouvait imaginer une véritable industrialisation de la voiture imprimée en 3D. Et rêver plus grand.

Je me suis rendu au siège social de Local Motors et j’ai pu y découvrir une nouvelle évolution du concept. Sous le nom de Swim, il s’agit bien d’une voiture dont les éléments de carrosserie, l’intérieur, sont imprimés en 3D.

Crédit Photo Eric Saint Frison

Local Motors Swim

Jolie ? Non, mais innovante certainement.

Crédit Photo Eric Saint Frison

Swim by Local Motors Voiture imprimée 3D

Impression 3D de la carrosserie à l’aspect lissé. Des défauts évidents de finition sur un tel concept qui ne sert qu’à valider des solutions industrielles.

Crédit Photo Eric Saint Frison

Phares Swim Local Motors 3D

Lors de ma rencontre avec les équipes de Local Motors à Phoenix j’ai appris que cette entreprise créée sur le principe du marketing collaboratif avait décidé de centrer ses activités sur le déploiement à plus grande échelle de la production de voitures en 3D. Et si vous ne l’aviez pas lu ou vu, voici le nom du dernier partenaire financier qui a investi dans cette entreprise innovante : Airbus Industrie !

Confirmation que nous passons d’un univers à un autre…

2/ L’impression 3D, ça marche aussi pour le métal !

Parmi les grandes surprises sur le salon de Las Vegas, les pièces automobiles en grand nombre, y compris des composants dont la fonction requiert des températures ou des charges élevées étaient présentées.

Évident de penser à l’impression 3D pour le « prototypage » de pièces : gain de temps, d’argent et essais rapides de solutions nouvelles. Et cela existe depuis « longtemps » (5 ans environ). Regardez comment GM intégrait déjà ce prototypage et l’amélioration des process industriels en 2011 :


Moins évident d’imaginer des pièces comme un collecteur d’échappement, qui peuvent être pourtant désormais testés en matériaux composites imprimés …

Crédit Photo Eric Saint Frison

Impression 3D pièces automobiles

Des composants jusqu’à maintenant moulés ou injectés qui deviennent également imprimables comme ces composants de filtres à air :

Crédit Photo Eric Saint Frison

Impression 3D pièces automobiles

Mais ce qui devient vraiment surprenant, c’est l’arrivée de pièces automobiles imprimées 3D, mais en métal ! Oui, vous avez bien lu, le métal est imprimable via de nouvelles technologies dont celle de la société 3DS

Crédit Photo Eric Saint Frison

Impression métal 3D CES 2016 Poulie pompe à huile

Nous franchissons avec cette nouvelle technologie les portes d’un futur difficile à prévoir. Voici une pièce imprimée, sur son support de production. La machine est imposante, la technologie complexe (à base de laser) mais le résultat d’une très grande précision et qualité.

Crédit Photo Eric Saint Frison

Impression métal 3D CES 2016

Il ne semble plus y avoir de limites aux applications qu’ouvrent ces nouvelles machines, qui pour le moment ne peuvent qu’imprimer des métaux chers (Titane) mais qui, il y a 2 ans à peine, ne figuraient pas dans les tablettes des plus ambitieux. La société 3D Systems, qui était très présente au CES, a semble-t-il franchi le pas de l’industrialisation.

Il n’y a maintenant plus qu’à attendre un tout petit peu les imprimantes 3D en concession pour imprimer des pièces simples. Une autre révolution dans le monde auto est en route …

3/ Et maintenant la 4 D …

A peine venons-nous de réaliser que l’impression 3D va bouleverser beaucoup de choses dans notre environnement qu’une technique encore plus élaborée est en train de pointer son nez : La 4D !

De quoi s’agit il ?

De quelque chose d’encore plus révolutionnaire.

Pour faire simple, on imprime en 3D un matériau ayant une forme X, et cet objet, plongé dans un environnement bio-chimique différent change de forme !

Les matériaux auront donc plusieurs formes avec cette technologie : à plat, par exemple, pour simplifier la fabrication, le stockage, le transport, la manutention.

Et puis, grâce à une changement d’environnement (humidité, température par exemple), il prendra une autre forme.

Cette nouvelle technologie émergente offrira un champ des possibles infini : Des objets qui changent ensuite de forme par eux-mêmes ou s’auto-assemblent avec le temps. Imaginez : un cube imprimé qui se plie sous vos yeux ou un tuyau imprimé capable de sentir quand il doit se dilater ou se contracter. Avec des applications automobiles étendues.

Une petite vidéo en anglais pour mieux (?) comprendre :

Alors, avec ce type de technologie qui est prête à arriver, peut-on encore douter que l’impression 3D sera bien une composante de l’industrie automobile de demain ?


Eric Saint-Frison

Eric a créé l'Agence Digital Dealer rachetée en 2014 par le groupe Argus. Une expérience de 30 ans dans l'Industrie Automobile, ancien Président de Ford France, il se passionne pour le marketing, Internet... sans oublier l'Automobile !


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