Flash ou pas ? Apple – Adobe : La guerre !

Par Eric Saint-Frison | Le lundi 3 mai 2010

Vous l’avez sans doute lu ou entendu, 2 des leaders mondiaux de l’industrie des IT, Apple et Adobe se font la guerre.
Steve Jobs, le patron de Apple a décidé de bannir définitivement les technologies « Flash » Adobe de tous les supports mobiles, iPod Touch, iPhone et iPad.

Quelques explications sur les tenants et aboutissants du sujet qui peuvent vous éclairer sur les solutions à choisir dans l’avenir pour votre site Internet.

Tout d’abord, c’est quoi le « Flash »?

Définition Wikipedia :

Pour être bref, Adobe Flash est un environnement de développement intégré, une machine virtuelle utilisée par un player Flash ou serveur flash pour lire les fichiers Flash. Mais le terme « Flash » peut se référer à un lecteur, un environnement ou à un fichier d’application.
Depuis son lancement en 1996, la technologie Flash est devenue une des méthodes les plus populaires pour ajouter des animations et des objets interactifs à une page web ; de nombreux logiciels de création et OS (Operating System) sont capables de créer ou d’afficher du Flash. Flash est généralement utilisé pour créer des animations, des publicités ou des jeux vidéo. Il permet aussi d’intégrer de la vidéo en streaming dans une page, jusqu’au développement d’applications Rich Media.
Les fichiers Flash, généralement appelés « animation Flash » portent l’extension .swf. Ils peuvent être inclus dans une page web et lus par le plugin Flash du navigateur, ou bien interprétés indépendamment dans le lecteur Flash Player.

C’est donc le système le plus utilisé dans le monde pour diffuser des images animées sur le web.
A priori pas de problème, hormis l’incapacité des moteurs de recherche à lire ces images et donc à référencer les sites ou les pages réalisés avec du Flash. Si votre site est développé en Flash, il doit être très beau, mais les « crawlers » des moteurs de recherche ne les voyant pas (pas de code lisible en arrière plan), il est très difficilement référençable. Mais c’est un autre débat …

En fait, tout allait bien entre les 2 géants jusqu’à ce que Steve Jobs commence à reprocher à Adobe d’être la cause des quelques défauts connus de ses supports mobiles iPhone et maintenant iPad (autonomie réduite par l’utilisation de certaines technologies, temps de chargement d’images, etc.).

Et Steve Jobs de remettre une couche de critiques sur Adobe Flash à travers un texte publié sous forme de communiqué de presse, dans lequel le PDG d’Apple expose en six points principaux ses griefs à l’encontre de Adobe Flash. En voici le lien, désolé il est en anglais …

Steve Jobs critique le Flash pour son côté 100 % propriétaire. Bien sûr, la quasi-totalité du code provenant d’Apple est propriétaire, mais il indique que tout ce qui touche au Web devrait être basé sur des standards ouverts. La firme préfère donc miser sur le HTML5, les CSS ou encore le JavaScript.

Adobe indique que les produits mobiles d’Apple ne peuvent pas accéder à l’intégralité du Web. C’est vrai en partie, les sites utilisant Flash sont nombreux. Mais pour monsieur Steve Jobs, les alternatives sont présentes et de nombreux acteurs du web créent des versions de leurs sites dont Flash ne fait plus parti. Concernant les vidéos, il rappelle que YouTube est présent sur l’iPhone, l’iPad et l’iPod Touch via des flux H.264 (algorithme de compression d’images vidéo).

Symantec indique de son côté que Flash détient un des pires records en matière de sécurité en 2009. Apple aurait travaillé avec Adobe pour résoudre ces problèmes, mais la situation n’a pas, selon steve Jobs, vraiment changé. De plus, les performances du Flash sur les mobiles ne sont pas à la hauteur. Adobe aurait échoué à montrer une version de sa technologie réellement efficace depuis qu’Apple le lui demande.

Le décodage logiciel des animations Flash demande de la puissance et fait donc baisser l’autonomie des appareils mobiles. Selon Steve Jobs, on peut lire environ 10 heures de vidéo en H.264 sur un iPhone quand le décodage est matériel. Cette autonomie est divisée par deux en cas de décodage logiciel (Flash). L’autonomie des iPhone et iPad serait donc très affectée par Flash versus H.264.

Flash n’a jamais été pensé pour le tactile, le « multitouch« . Il a été conçu pour des claviers et surtout des souris. Le « multitouch » sur les mobiles crée un nouvel environnement dans lequel le Flash n’a pour l’instant pas sa place, car ses contrôles, son pilotage, ne sont pas adaptés.

Le dernier point développé par Steve Jobs est aussi le plus important : Flash est une technologie multiplateforme. Flash n’a pas été pensé pour tirer parti des spécificités et des optimisations d’une plateforme particulière. Selon Steve Jobs, c’est ce placement en tant que couche intermédiaire entre le système et l’application qui le rend si peu optimisé. Donc il voit Flash comme un outil inadapté à la structure des iPhone, iPod Touch et iPad.

La réponse d’Adobe est simple :

Les restrictions d’Apple ne font que compliquer la vie des développeurs qui cherchent à faire fonctionner leurs produits sur un grand nombre d’appareils. Ils vont être contraints d’avoir deux flux de travail, un pour Apple, un second pour les autres.

A répondu Shantanu Narayen, le PDG d’Adobe.
Et il n’a pas vraiment tord non plus.
La communauté des dévelopeurs s’inquiète et de ces complications et des conséquences que ce conflit déclaré aura sur leur travail dans l’avenir.
Plus de développement, plus de complexité, plus de sources d’erreur, pour 0 valeur ajoutée visuelle pour le client acheteur d’un site web.
Le bénéfice étant pour l’utilisateur final, si, et seulement si, les sites en H264 ou HTML5 se multiplient.
Sinon, et c’est le cas pour iPad, vous vous retrouverez avec un outil qui ne pourra pas lire les images chargées sur un site ! Et là le consommateur ne vas pas aimer du tout.

Il est vrai aussi que les solutions Google (Androïde) intègreront la lecture des images Flash.

Quoi qu’il en soit, le divorce est maintenant consommé pour Flash sur les appareils mobiles d’Apple. Il n’y aura pas d’autre version adaptée a la firme à la pomme, à moins d’un retournement de situation.

En quoi cela concerne-t-il les distributeurs automobiles ?
Tout simplement parceque de nombreux outils web, développés par les distributeurs pour rester en contact avec leurs clients (applications iPad par exemple, ou lecture d’images sur un iPad), seront inutiles avec une technologie Flash. Il faut donc anticiper.

Le futur des développeurs et des agences qui sont en relation avec les réseaux de distribution va se compliquer un peu. Ceux qui en ont l’habitude et qui maitrisent toutes les technologies ne seront pas affectés réellement, les autres ont du souci à se faire …


Eric Saint-Frison

Eric a créé l'Agence Digital Dealer rachetée en 2014 par le groupe Argus. Une expérience de 30 ans dans l'Industrie Automobile, ancien Président de Ford France, il se passionne pour le marketing, Internet... sans oublier l'Automobile !


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