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CarPlay et Android : systèmes embarqués

Par Tony Greaux | Le mercredi 13 avril 2016

Lorsque les constructeurs automobiles dissèquent les business models de Android et de Apple, que voient-ils ?

Des marques hyper attractives, une présence assurée à tous les points de contact, un renouvellement de produits rapide, la possibilité de vendre du contenu additionnel à une clientèle très fidélisée et qui livre ses données en continu sans même qu’on le lui demande : voilà de quoi les faire saliver alors que la plupart d’entre eux reconstituent à peine les marges perdues après des années de crise.
Talonnés, voire précédés par Android Auto et par CarPlay d’Apple, les constructeurs tentent de réagir et de s’organiser. Un seul objectif : décrocher le titre de la marque la plus « connectée ».

Il existe les « sans complexe » comme Audi qui embarque directement CarPlay sur sa S4 et se concentre ainsi sur son cœur de métier en proposant d’assembler les meilleures technologies du moment. Une identité claire et une marque forte lui permettent de rester au premier plan.

audi-CarPlay

Audi embarque CarPlay

Il y a ensuite celles qui visiblement s’inquiètent de l’incursion de Google et de Apple et qui s’orientent vers une bataille frontale. Toyota mène la charge avec Smart Device Link et tente de fédérer d’autres constructeurs. Honda, Subaru and Mazda étudient cette piste. Les prochaines annonces sérieuses sur le SDL de Toyota sont attendues d’ici fin 2016.

Puis il y a les pragmatiques : Ford renforce ainsi sa présence avec son propre système d’exploitation qui se veut ouvert et capable d’embarquer Google Android auto et Apple CarPlay. C’est également le cas de PSA.

Et pour finir, il y a aussi sans doute toutes celles qui n’ont pas encore compris que le vent tournait…

En arrière-plan, les choix industriels se dessinent : faut-il investir et développer sa propre solution, créer des passerelles, accepter d’être un assembleur de technologies. Dans le même temps, les stratégies de marques se révèlent : accepter ou pas de partager la visibilité, prendre le risque de s’effacer au profit des fournisseurs de solutions et de contenus.

Ensuite, vient le moment d’évaluer les enjeux client (être prêt à partager la data ou bien vouloir tout maitriser), puis il faudra identifier les opportunités de business (pouvoir glisser des offres, quelles offres ? offrir des leads aux réseaux…).

Quelle que soit l’orientation, il faudra maitriser deux techniques :

– Etre capable de proposer une solution complète et ne pas négliger l’appétit de simplicité en évitant par exemple la saisie multiple des mêmes informations de destination et en intégrant le trajet piéton, les transports en commun… Pour cela, il faudra considérer que l’interface de navigation dans l’automobile est simplement un nouveau device au service de la continuité et la multi-modalité.

– Proposer une expérience utilisateur qui soit du même niveau que ce qui est aujourd’hui proposé par Apple et Android sur les devices mobiles et ainsi éviter le bad buzz du type Subaru. Un spot  tout à fait classique, une séquence sur le GPS, un comédien qui agrandit sa carte routière et il n’en faut pas plus pour mettre en évidence de manière involontaire à quel point les solutions embarquées sont parfois loin du niveau attendu…

Nous assistons assurément à un changement profond du secteur, certaines barrières tombent, permettant à de nouveaux entrants de venir perturber le vroumvroum quotidien des constructeurs, la voiture connectée sera bientôt un standard, la voiture autonome une réalité et l’automobile servicielle un enjeu. A vos scenarii pour imaginer l’automobile de demain !!

 


Tony Greaux

Tony a une large expérience dans l’univers automobile. Il rejoint le pôle Go Between du groupe Argus en tant que consultant. Il a auparavant géré le pôle Brand & Ad automotive de TNS Sofres, et y a animé les grands comptes du secteur.


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