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Auto-partage & voiture connectée : le couple de l’avenir ?

Par Eric Saint-Frison | Le lundi 8 février 2016

L’avènement de l’économie collaborative a vu une (r)évolution des modes de consommation. Et dans l’automobile, celle de l’auto-partage.

 

Uber, BlaBlaCar, Drivy, Air Bnb, Leetchi, Kisskissbankbank, Deliveroo

Il y a encore quelques années, le nom de ces entreprises ne vous évoquait probablement rien, et pourtant, aujourd’hui, ils font partie de notre quotidien. Certains nous semblent désormais familiers – voire indispensables –  à portée de clic, partout et à n’importe quel moment. La tendance est donc à l’économie collaborative, comme l’indique le bilan du cabinet d’audit  PwC, qui prévoit 63% de croissance annuelle mondiale pour la finance collaborative d’ici à 2025.

Frederic Mazella, co-fondateur de la plateforme de co-voiturage BlaBlaCar, confirmait cette semaine l’avènement d’une nouvelle ère, l’Ere du Partage.
Il rappelle que, grâce aux plateformes qui connectent les particuliers entre eux et leur permettent une confiance mutuelle « en ligne », les consommateurs sont soudain habilités à partager des biens, des services, du savoir, de l’argent, des compétences, des réseaux, des contenus…

Ils retrouvent ainsi leur capacité à contribuer plus directement à la société ainsi qu’à l’économie, mais à une échelle plus globale, redéfinissant de cette façon les relations entre acteurs économiques et acteurs sociaux.

Conséquence majeure cette nouvelle façon de consommer, une nouvelle tendance forte, consiste à ce que les consommateurs commencent à accepter de partager plutôt que de posséder, s’évitant ainsi toutes les contraintes financières et pratiques (une évidence quand on regarde le poids des budgets achats et fonctionnement d’un véhicule).

Dans le domaine de l’automobile, cela pourrait bien bouleverser tous les schémas actuels et voir, grâce à l’arrivée de nouvelles offres d’auto-partage, une évolution plus rapide des modes de consommation.

Et appliqué au monde de l’entreprise, l’auto-partage pourrait révolutionner la mobilité des collaborateurs. C’était d’ailleurs l’objet d’un article du blog il y a 1 an : Solution Local Motion

Origine de l’auto-partage.

Auto stop ancêtre de l'auto-partage

Apparu dans les années 50  – l’auto-stop étant l’un de ses ancêtres – l’auto-partage connait un véritable essor depuis une dizaine d’années, en offrant une alternative à la propriété privée d’un véhicule. Au lieu de disposer d’un véhicule individuel restant principalement à l’arrêt (en moyenne 96% du temps), l’utilisateur de l’auto-partage a la possibilité d’utiliser un véhicule selon sa convenance en fonction de ses besoins. Au sein de l’entreprise, celui-ci est donc utilisé par plusieurs collaborateurs dont les besoins se complètent, et son usage se voit ainsi optimisé.

D’après un des pionniers dans cette activité, Mobility Tech Green, ce service permettrait d’économiser 30% des frais de déplacement, une voiture partagée correspondant à supprimer 12 à 15 véhicules de la circulation.

Les constructeurs se mettent à l’auto-partage.

Les constructeurs s’intéressent aussi à cette solution. En effet, le groupe français Renault-Nissan, après avoir développé Nissan Car Sharing en juin 2015, crée RCI Mobility. L’entité absorbe immédiatement l’activité d’auto-partage B2B de Nissan pour créer celle de l’Alliance Renault-Nissan, exploitée par la filiale financière de Renault, RCI Banque.

RCI Mobility précise que son ambition est de « permettre aux entreprises de proposer à leurs collaborateurs des solutions de mobilité simples, conviviales et agiles pour répondre à leurs besoins professionnels mais aussi personnels.».

Déjà en 2011, BMW lançait en collaboration avec Sixt sa solution d’auto-partage : BMW Drive Now. Disponible en Allemagne, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Autriche, les consommateurs ont la possibilité d’utiliser des véhicules des marques BMW et MINI stationnés en ville, directement grâce à un badge qui permet de les déverrouiller puis de les verrouiller une fois l’usage terminé.

BMW Drive Now

Auto-partage BMW

Et les équipementiers également !

Si les constructeurs s’intéressent donc à l’auto-mobilité, les sous-traitants automobiles ne sont pas en reste, et cherchent activement à prendre un train d’avance quant à l’optimisation de ce service, à l’image de l’équipementier Valeo.

Le leader de la sous-traitance se targue de développer l’auto-mobilité 2.0, en travaillant sur sa solution InBlue, une clé virtuelle intelligente qui remplace la clé traditionnelle et permet de verrouiller, déverrouiller, démarrer, et même géolocaliser un véhicule préalablement équipé.  La clé se transmet sur les smartphones des utilisateurs, comme l’illustre de façon très claire cette vidéo.

 

La solution d’auto-partage Drivy, fondée en 2010 et concurrente de OuiCar, avec qui il se partage le leadership sur le marché en France, utilise cette technologie de clé virtuelle depuis le mois de décembre 2015. Ils ont baptisé cette nouvelle façon de partager son véhicule « Drivy Open », où le smartphone devient clé, et les utilisateurs n’ont plus besoin de se rencontrer pour procéder à l’échange.

Auto-partage et voiture connectée sont-ils indissociables ?

Cette technologie nous amène à réfléchir au lien qui existe entre auto-partage et la technologie de la voiture connectée. Ces deux révolutions semblent aller de pair, l’une étant au service de l’autre.

C’est ce que semble confirmer l’initiative de General Motors, qui vient de dévoiler aux Etats-Unis son entité d’auto-mobilité qui sera testée à Ann Arbor dans le Michigan : Maven.

Le constructeur souhaite s’impliquer dans la mobilité urbaine en proposant à 100 000 personnes d’utiliser leurs véhicules, mis à disposition dans 21 zones de parking.

Au-delà du concept d’auto-partage, le constructeur insiste sur l’importance de la personnalisation de ce service. Ce dernier met au coeur de sa stratégie le bien-être de l’utilisateur du véhicule, qui doit avoir le sentiment d’être dans sa propre voiture, et non dans celle que tout le monde utilise. Maven permet à chaque utilisateur, grâce à la technologie de la voiture connectée, d’avoir sa musique à disposition, ainsi que toutes ses préférences personnelles. Ceci sera possible, une fois n’est pas coutume, grâce aux smartphones des utilisateurs, compatibles avec le système de navigation OnStar propre à GM, ainsi qu’avec Apple CarPlay ou encore Android Auto.

Maven, par General Motors

Maven, auto-partage by General Motors

« Nous pensons qu’il est important pour le passager et le client, lors de l’expérience d’auto-partage, de se sentir comme dans son propre véhicule » affirme Julia Steyn, vice-présidente General Motors.

Auto-partage, co-voiturage, le développement de ces nouvelles façons de consommer l’auto pourraient sembler nuire aux constructeurs automobiles, mais nous voyons par ces exemples qu’elles sont aussi porteuses de nouvelles opportunités, qui pourraient s’appuyer sur le perfectionnement de voitures de plus en plus connectées.

C’est un des défis des années à venir, où se départageront les constructeurs qui sauront profiter de ces évolutions technologiques, à l’instar de General Motors ou de Renault-Nissan en France, et ceux qui resteront sur un modèle classique, risquant de stagner dans un schéma de fonctionnement qui pourrait devenir, dans le futur, obsolète et inadapté à notre société.


Eric Saint-Frison

Eric a créé l'Agence Digital Dealer rachetée en 2014 par le groupe Argus. Une expérience de 30 ans dans l'Industrie Automobile, ancien Président de Ford France, il se passionne pour le marketing, Internet... sans oublier l'Automobile !


Fred Leurent

Le 15 février 2016 à 14 h 16 min

bonjour,

Le dispositif Wayz-up mérite aussi que vous l’incluiez dans votre analyse car il permet de mutualiser des trajets vers le lieu de travail .
https://www.wayz-up.com/
F

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